Retourenglish
Á propos du projet Nouvelles Recherches Colloques Banques des donnée Sites reliés
Volume I Volume II Volume III La culture de l'imprimé des grandes Plaines de l'Ouest Colloque inaugural Contact Us

   

Colloque préparatoire pour le Volume I
(Des origines à 1840)
Résumés


Alston, Sandra (University of Toronto)
Magazine Publishing in Upper Canada to 1841

Si l’histoire de la publication de périodiques au Canada a quelque peu attiré l’attention des historiens, on a eu tendance, jusqu’à présent, à se pencher sur des textes après 1867. La période avant la Confédération n’est pas bien documentée puisque l’on en sait très peu sur les titres publiés. Cette communication fera le point sur les recherches entreprises pour constitue une bibliographie compréhensive des magasines imprimés dans le Haut Canada. La bibliographie définitive (qui comprendra des titres jusqu’à 1867) inclura des renseignements sur tous les titres identifiés, qu’on les ait localisés ou pas, les imprimeurs, les éditeurs, les éditorialistes en chef, les abonnements, le contenu et les exemplaires localisés. L’on fournira des précisions sur la recherche effectuée jusqu’à nos jours, ainsi que sur la méthode de travail utilisée, car nous espérons que cela mènera à des enquêtes semblables dans d’autres régions du Canada.

Andrès, Bernard (UQAM)
Les lettres québécoises et l’imprimé: d’une émergence à l’autre

Réflexion préliminaire sur l’émergence parallèle au Québec, puis au Bas-Canada, des premières presses et des formes littéraires comme la poésie, le récit, les mémoires, le pamphlet ou le théâtre. Ce qu’apportent ces conditions nouvelles de diffusion à l’imaginaire et aux pratiques des premiers écrivains canadiens entre 1764 et 1799. En quoi la creation d’un ‘espace public’ stimule-t-elle l’écriture et la lecture et ce qui change dans la province entre le régime français et l’anglais. Ce qui distingue la ‘génération de la Conquête’ et ce qui l’engage à publier dans les gazettes et les premières imprimeries. Le modèle français ou l’anglais? Quelle ‘République des Lettres’ pour le Canada? Publier ici ou à Londres, à New York ou à Paris et pourquoi? Autant de questions que soulèvent la carrière et les écrits de Luc Saint-Luc de Lacorne, de Valentin Jautard, Fleury Mesplet, Henry Mézière, François Baby, Bailly de Messein, Pierre du Calvet, Joseph Quesnel, Pierre de Sales Laterrière, Joseph-Octave Plessis, Huet de la Valinière, Grasset de Saint-Sauveur, ‘Le Canadien curieux’ et quelques autres. En interrogeant les choix esthétiques et institutionnels de ces écrivains, on se demandera ce qu’ils doivent concrètement à l’imprimé, mais aussi ce que leur doit l’imprimé naissant.

Black, Fiona (University of Regina)
Contributions to the Print Culture of Georgian Canada: the Role of the Scots

Vers le milieu et la fin du XIXe siècle, les Écossais ont remarquablement influencé la culture de l’imprimé au Canada. Peut-on dire qu’il en fut de même au début de la période coloniale et si oui, comment étudier et évaluer cette influence? Cette communication discute de la disponibilité du livre dans les villes en développement de Halifax, Saint John, Montréal, Québec, Kingston et York, de 1780 à 1820, et traverse pour cela des frontières géographiques et chronologiques. La riche contribution des Écossais, des deux côtés de l’Atlantique, est examinée en termes à la fois de l’offre et de la demande, deux conditions impératives à la distribution des livres vers et dans les régions coloniales. Notre méthode comprend à la fois une analyse quantitative basée sur une base de données personnalisée et une évaluation glanée des documents tires des archives d’entreprises. En nous concentrant sur les Écossais, l’image provisoire dessinée ici pave la voie à notre analyse de la contribution des divers peuples qui ont colonisé le Canada, à la culture de l’imprimé.

Davies, Gwen (University of New Brunswick)
‘The Tory Dog Thou Shalt Not Kill’: Loyalist Print Culture: A Maritime Case Study

Bien que le journal The Halifax Gazette ait été fondé en 1752, ce fut l’afflux de trente mille réfugiés loyalistes vers le Canada maritime après la Guerre de l’indépendance qui a engendré la création d’imprimeries, de périodiques littéraires, de journaux, d’établissements d’enseignement, de clubs de lecture, de performances artistiques et de collections monographiques dans cette région à la fin du XVIIIe siècle. Même si la dispersion géographique des auteurs loyalistes a joué contre l’émergence d’un école d’écriture loyaliste dans la région, les fondations d’une culture de l’imprimé étaient si ancrés par les Loyalistes que des générations successives ont crédité leur influence au développement d’une infrastructure de la culture canadienne de l’imprimé. Pour paraphraser un poème de Jacob Bailey, «the tory dog» n’est pas mort mais il vit bel et bien pour affirmer sa présence dans la culture de l’imprimé et la culture matérielle.

Fleming, Patricia (University of Toronto) & Yvan Lamonde (Université McGill)
The Book as Evidence and Evidence of the Book in Early Canada

En focalisant notre étude sur la forme matérielle du livre, cette communication évaluera les éléments probants tirés de l’analyse matérielle des premiers imprimés canadiens et proposera un cadre à l’interprétation des représentations du livre dans l’art canadien. Les sujets qui traitent du livre comme materialité sont : les practiques d’impressions des imprimeurs canadiens; le papier, le caractère et les ornements utilisés dans leurs boutiques; les débuts des illustrations de livre; les structures et les styles de reliure; et l’attitude des consommateurs face aux nouveaux produits et aux nouvelles technologies au XIXe siècle. Les aspects matériels qui doivent être pris en compte dans la représentation iconographique du livre au XIXe siècle dans l’art canadien comprennent : les types d’imprimés; les livres comme accessoires; les livres comme signe d’un statut social et professionnel; les femmes en tant que lectrices; le format, la reliure et le titre; les signets; les étagères de bibliothèques et les lieux de lecture.

Kennedy, Patricia (Archives nationales du Canada)
The Many Shades of Grey - Or, Some Thoughts on Circumstances When Printing does not Equal Publishing, or Publishing not Equal Printing

Comparé à la myriade de formats mécaniques et photomécaniques utilisés pour reproduire les documents, il est facile de classer les textes imprimés dans la catégorie des parutions. Mais ces textes imprimés ont-ils été vraiment publiés? Afin de comprendre comment les textes ont été produits, reproduits et communiqués, et de les identifier avec précision, on doit réévaluer la terminologie et la technologie.

Depuis l’arrivée des premières presses dans les colonies d’Amérique du Nord, les fonctionnaires et les particuliers ont sauté sur l’occasion de reproduire des textes à un coût modéré, pour la distribution générale ou pour la circulation réduite. Pour les fonctionnaires du XVIIIe siècle, la «publication» décrivait l’acte de lire à haute voix, sur la place du marché ou le fait d’afficher des manuscrits sur les portes des églises. Quand et pourquoi seulement quelques douzaines d’exemplaires d’un texte ont-ils été imprimés pour des lecteurs choisis? L’enquête révèle qu’un réseau étonnant d’imprimés confidentiels ont été produits pour une circulation réduite–car c’était efficace et économique. Quand la reproduction manuelle coûtait un shilling les cent mots, imprimer un texte de plusieurs pages était synonyme d’économie considérable en main d’œuvre, papier, encre, lecture d’épreuve et affranchissement. Les textes «très secrets» sont plus à même d’être identifiés comme imprimés confidentiels; les textes de nature moins sensible doivent être étudiés afin de confirmer leur circulation réduite, de déterminer la date de parution et le nom de l’imprimeur.

Tout en reconnaissant qu’il n’existe pas de frontière très définie entourant la forme des manuscrits, des imprimés ou des publications, j’ai hâte de voir, dans l’Histoire du livre et de l’imprimé au Canada, l’établissement de critères facilitant la distinction entre l’impression et la publication, les uns les autres se chevauchant inégalement, afin d’identifier les textes avec précision et de manière appropriée.

Lamonde, Yvan (Université McGill) et Patricia Fleming (University of Toronto)
The Book as Evidence and Evidence of the Book in Early Canada

Consultez : Fleming, Patricia et Yvan Lamonde (ci-dessus)

Landry, Kenneth (Université Laval)
Quand un journal devient un livre: le magazine et le receuil littéraire au Québec avant 1841

Les livres de compte des premiers imprimeurs québécois le prouvent : qu’on les importe ou qu’on les fabrique sur place, les livres coûtent cher. Afin de contourner cette situation et répondre aux besoins des abonnés lettrés pour une littérature de divertissement dans l’une ou l’autre des deux langues, quelques imprimeurs et propriétaires de journaux reproduisent des textes littéraires dans les colonnes de la presse; d’autres mettent sur pied des périodiques entirement consacrés à la littérature. Cette pratique va donner lieu à la création des premiers magazines et recueils littéraires au pays. Ces publications se distinguent des journaux par le format (plus petit que le journal), la périodicité (mensuelle ou bi-mensuelle), le nombre de pages (jusqu’à une trentaine de feuillets), la pagination continue (comme dans un livre) et, bien entendu, le contenu, composé d’extraits littéraires puisés largement dans les périodiques européens et américains que les compilateurs ont sous la main.

Dans un premier temps, nous présenterons en diachronie les publications sérielles dans les deux langues qui ont emprunté cette voie; ensuite, nous examinerons quelques-unes d’entre elles sous toutes leurs coutures: la nature et la portée du magazine ou du recueil, les objectifs poursuivis, le positionnement du périodique, les textes reproduits, les collaborateurs, etc.

L’hypothèse de travail qui sous-tend cette étude est la suivante : qu’au Canada, en l’absence des infrastructures de l’édition, la littérature << naît >> et croît dans les périodiques plutôt que dans les livres et que c’est grâce aux périodiques littéraires que les écrivains canadiens, à la fois ceux de langue anglaise et de langue française, sont connus du public lettré.

Laurence, William (Law Reform Commission of Nova Scotia)
“Never Been a Very Promising Speculation”: Requests for Financial Assistance from Writers of Non-Fiction Books to the Nova Scotia House of Assembly, 1800-1850

Étant donné la taille réduite d’un lectorat souvent éparse, les premières publications en Nouvelle-Écosse furent précaires et les auteurs ne s’attendaient guère à être rémunérés pour leur travail. C’est pourquoi certains écrivains se tournèrent vers la législature provinciale à la recherche d’une source de financement pour leurs publications. Cette communication examine le sort des demandes d’aide financière faites par les auteurs d’ouvrages documentaires auprès de la Chambre d’assemblée de la Nouvelle-Écosse au cours de la première moitié du XIXe siècle. Elle identifie les facteurs qui ont pu être instrumentaux aux décisions des législateurs quant au financement, et en particulier, elle cherche à savoir s’il existait une procédure dans l’approche que prenait l’assemblée pour traiter les demandes reçues. De plus, nous parlerons de ce que l’on connaît des types de manuscrits non-fictionnels préparés pour être publiés en Nouvelle-Écosse à cette époque, des auteurs qui ont écrit ces textes, des efforts des auteurs à l’auto-promotion, ainsi que de la motivation derrière leur travail.

MacDonald, Mary Lu (Halifax)
The North American Context of Canadian Print Culture

Dans les années 1840 et 1850, les éditeurs et les distributeurs américains faisaient ouvertement connaître au public leurs ouvrages dans la presse canadienne. Certains des libraires les mieux établis de l’Amérique du Nord britannique faisaient office d’agents auprès des firmes américaines. En 1843, la loi impériale fut imposée sous l’insistance des éditeurs britanniques afin de protéger les droits d’auteurs britanniques dans les colonies. Ce fut en vérité une bataille entre les éditeurs britanniques et américains, pour le contrôle du marché canadien. La présence des éditeurs américains et des distributeurs en Amérique du Nord britannique n’était pas, malgré tout, une situation qui était née de l’expansion de l’édition américaine dans les années 1840. Les lecteurs canadiens avaient commencé à ramener des livres et des revues des États-Unis pratiquement aussitôt que les Américains les avaient imprimés. Les publications américaines étaient à la fois moins chères et plus faciles à obtenir. Des sociétés de bibliothécaires signèrent une pétition afin d’être autorisées à importer des livres américains exempts de droits de douane; des publicités dans la presse promettaient les toutes dernières nouvelles de New-York, de Boston et de Philadelphie; les imprimeurs se plaignaient des difficultés causées par la concurrence américaine.

MacLeod, John (Public Archives of Nova Scotia)
The Library of Richard John Uniacke (1753-1830)

En 1830, le jour de l’Action de grâce, Richard John Uniacke, Procureur général de la Nouvelle-Écosse depuis déjà longtemps et dignitaire, mourut dans son domaine du Mount Uniacke. Peu de temps après, deux de ses fils firent une liste pièce par pièce, bâtiment par bâtiment de ses biens. Le contenu de la maison, y compris sa bibliothèque, était pratiquement intact, quand il fut acquis par le gouvernement de la Nouvelle-Écosse 119 ans plus tard. Cette communication analysera le contenu de sa collection afin de déterminer quels livres étaient dignes d’un gentilhomme à l’époque de la Nouvelle-Écosse coloniale. Si possible, nous nous poserons les questions suivantes : Comment Uniacke a-t-il pris possession de ses volumes? Quels volumes pouvait-on se procurer localement? Dans cette collection, quel était le pourcentage de livres purement consacrés au loisir, et quel était celui des livres plutôt réservés au domaine des lectures imposées par sa profession?

Melançon, François (Québec)
Prospection historique en Neufve France : Le livre au cours des XVIIe et XVIIIe siècles canadiens

Dès l’origine, le livre imprimé accompagne les enterprises d’exploration, d’exploitation et de colonisation du continent nord-américain, menées au nom du roi de France. Soutien spirituel et rituel, et plus tard aussi instrument de conversion (livres liturgiques, textes sacrés, livres de dévotion), véhicule de propagande (auto-promotion et solidarité spirituelle), le livre s’impose également, au fur et à mesure de la consolidation sociale de l’occupation territoriale, comme un objet courant de la vie domestique d’un nombre croissant d’individus. Il est l’outil de référence des officiers de l’administration royale et des grands marchands, le compagnon de la vie religieuse (tant conventuelle que paroissiale, domestique ou individuelle) et le complice des loisirs intellectuels de ceux dont le mode de vie le permet (notamment les militaires).

Je propose un bilan de cette présence du livre au Canada sous la domination française, un survol schématique : du contexte socioculturel avec lequel le livre s’entremêle ; les voies de pénétration du livre, tant sociales (groupes sociaux) qu’institutionnelles (commerce); sa place, son rôle, le discours qui l’accompagne, ses usages, sa représentation.

Un bilan qui s’ouvre ensuite sur des propositions de recherches complémentaires visant à consolider et à enrichir notre connaissance du livre à cette période.

Murray, Laura (Queen’s University)
Reading and Writing in the Fur Trade

Alors que la plupart des gens engagés dans la pelleterie ne pouvaient pas lire ou écrire, ceux qui le pouvaient semblaient trouver la lecture et l’écriture plus importantes alors que la distance qui les séparait de leur foyer s’agrandissait. L’alphabétisation était la condition de base à la mobilité ascendante dans le marché des peaux de fourrure; et c’était souvent un marqueur de civilisation pour les hommes qui se trouvaient isolés parmi des gens qui parlaient des langues différentes, croyaient en des dieux différents, et avaient un sens de l’humour différent. Mais nous discuterons également de l’alphabétisation comme d’un terme plus largement définie, afin d’inclure les histoires autochtones et canadiennes, les techniques de navigation, et les commentaires sur la méthode d’«apprentissage par le livre» de l’homme blanc. Je donnerai des exemples de l’interaction d’une alphabétisation disparate comme le rapport d’Alexandre Henry sur les «penny prints» britanniques utilisés dans les ballots de remèdes ojibwa (1807), et les remarques de David Thompson sur les techniques de navigation des indigènes et les théories de la migration animale (1848).

Normand, Sylvio (Université Laval)
L’imprimé judique au Québec de XVIIe siècle à 1840

L’enquête cherche à évaluer le rôle et l’importance de l’imprimé dans la pratique quotidienne du droit au Québec. L’étude s’intéresse au recours à l’usage des formules par les praticiens et à la présence du droit dans les journaux. Les juristes puisent des modèles d’actes dans des ouvrages et les copient en les adaptant à leurs besoins. Par ailleurs, l’introduction de l’imprimerie après la Conquête amène la production de formules en série. Cette production facilite la mise en place d’une justice étatique et amène la standardisation de l’administration de la justice. L’imprimé contribue également à donner une visibilité étendue à l’activité juridique par le biais des avis publiés dans les journaux. Pour leur part, les comptes rendus des affaires judiciaires permettent sans doute d’accroître le capital social des membres des professions juridiques.

Ouellett, Réal (Université Laval)
Fabrication et description matérielle du livre (XVIIe-XVIIIe siècles)

Aucune histoire de la circulation du livre n’est possible si l’on n’en connaît pas la fabrication. Avec la multiplication des lieux européens d’édition en français après la révocation de l’Édit de Nantes (1685), le phénomène de la contrefaçon et de la réédition non autorisée prend une ampleur considérable. Sait-on, par exemple, qu’un succès de librairie comme les Nouveaux voyages en Amérique de Lahontan connurent deux editions pirates en 1703 (l’année de leur parution originale) et une réédition fort différente, non autorisée par l’auteur, en 1705? À l’autre bout du siècle, on compte plus d’une vingtaine d’éditions des Liaisons dangereuses portant le millésime 1782. Je m’attacherai donc à décrire la manière dont le texte passait du manuscrit à la publication. En même temps, j’aborderai la question de la bibliographie matérielle qui permet de décrire les imprimés avec précision.

Parker, George (Kingston)
Print Culture in Prince Edward Island

En plaçant la culture du texte imprimé à l’Île-du-Prince-Edward selon les contextes historiques et technologiques du premier tome : des débuts à 1840, il est possible d’entrevoir cette histoire comme un microcosme de l’expérience canadienne. En faisant référence à la bibliographie de l’article de fond Print Culture in the Maritimes (préparée par Belier, Davies, MacDonald, Smith et Swanick pour le colloque de 1997 pour la conception et la planification d’une Histoire du livre et de l’imprimé au Canada) je discuterai des sources sur 1) les origines et l’impact de la presse à imprimer locale; et 2) la distribution des livres par les libraires, les instituts et les confessions religieuses. James Douglas Haszard, Walter Johnstone, et le Père Georges-Antoine Belcourt ont fait face à bien des obstacles dans leurs tentatives de promotion de l’alphabétisation au dix-neuvième siècle. Malgré des ressemblances avec d’autres provinces maritimes, l’Î.-P.-É se distinguait par sa compacité géographique et son économie rurale. Le développement fut retardé par un système composé d’absentéistes britanniques et par un exode continu, surtout après l850. De plus, la capitale, Charlottetown, n’a jamais jouit d’une influence politique ou mercantile au-delà de ses frontières provinciales.

Peterman, Michael (Trent University)
The Dissemination of Susanna Moodie’s Poems in the Canadas during the 1830s; or, How the Rebellion Made Her Name

Cette communication explorera les différentes possibilités de publication qui s’offraient à Susanna Moodie dans les deux provinces du territoire laurentien au cours de la décennie qui suivit son émigration dans le Haut-Canada. En tant qu’écrivain établi ayant hâte de trouver des occasions de s’exprimer dans sa terre d’adoption, elle a saisi toutes les occasions possibles qu’elle a pu trouver dans les journaux et les magazines. Ce fut malgré tout avec la parution du livre de Charles Fothergill The Palladium of Upper Canada en décembre 1837 que Moodie trouva à la fois une maison d’édition de renom et un sujet intéressant–les rebellions dans les deux provinces et la cause de la loyauté à la Grande-Bretagne. Les poèmes de Moodie dans le Palladium étaient largement réimprimés dans le Haut-Canada et le Bas-Canada, et ont ainsi attiré l’attention de John Lovell quand il lança The Literary Garland à Montréal et de Sir George Arthur, récemment nommé lieutenant-gouverneur du Haut-Canada. Son succès futur en tant qu’écrivain et personnalité au Canada est dû à l’impact que ses poèmes sur la rébellion a eu sur le grand public et sur diverses personnalités telles que Lovell et Arthur.

Robert, Mario (Ville de Montréal, Division de la gestion de documents et des archives)
Présence du livre dans la noblesse canadienne

Depuis quelques années, on assiste à un regain d’intérêt pour la noblesse canadienne en Nouvelle-France. Les attributs et comportements démographiques de ce groupe social sont maintenant connus alors que leurs pratiques culturelles nous sont peu familières. Afin de mieux cerner certaines de ces pratiques, notre communication portera sur la présence du livre dans la noblesse canadienne entre 1670 et 1764. À partir d’un corpus documentaire de 276 actes notariés, principalement les inventaires après décès, et selon les méthodes quantitatives développées par les historiens français du livre, nous identifierons le nombre et l’importance des collections d’imprimés, les lieux de conservation et la nature de ces collections. Les nobles canadiens se distinguent-ils de la population de Québec à la même époque? La place qu’ils accordent aux livres est-elle moindre que chez les nobles de France? Existe-t-il des nobles bibliophiles? Le livre religieux est-il omniprésent? Voilà quelques-unes des questions qui seront abordées dans notre exposé. En conclusion, nous tenterons d’identifier sommairement les pratiques de lecture des nobles canadiens, les «signes de lecture» selon l’expression d’Henri-Jean Martin, ce que ne peuvent les méthodes de l’analyse quantitative du livre.

Smith, Karen (Dalhousie University)
Early Halifax Libraries

L’on commença à pouvoir s’abonner à la bibliothèque de Halifax en 1823 et l’on était prêt à distribuer des livres au mois d’août 1824. Fondée par les membres chefs de file de la bourgeoisie, la bibliothèque de Halifax avait des actions initiales à valeur élevée ainsi que des frais annuels qui la plaçaient hors de la portée de la plupart des Haligoniens. Afin de répondre à un besoin grandissant, on créa la Halifax Mechanics Library qui ouvrit ses portes au public en 1831.

Heureusement, les procès-verbaux du Halifax Mechanics’ Institute, les catalogues publiés de la Halifax Mechanics Library de1823 et de la bibliothèque de Halifax de 1833 sont de véritables relevés de bâtiments historiques. Cette communication compare et contraste le contenu des deux bibliothèques, identifie les personnes qui furent impliquées dans chaque bibliothèque et détermine comment elles ont développé leurs bibliothèques respectives.

Stabile, Julie (University of Toronto)
Early Newspapers: Instruments in the Spread of Print Culture: A Case Study of Toronto Newspapers, 1800-1845

En utilisant les journaux de Toronto de 1800 à 1845 comme étude de cas, cette communication examinera le rôle considérable que les journaux et leurs bureaux ont joué dans l’avancement de la culture de l’imprimé. Les articles de journaux gardaient les gens au courant des informations au niveau mondial et local, les publicités les informaient des derniers événements sur la place du marché économique et au niveau des organismes culturels et sociaux de la ville; et les essais leur donnaient accès à une culture mondiale plus large. Mais les bureaux des journaux à Toronto ont fait plus qu’encourager la lecture de leurs journaux. Ces institutions majeures représentant à la fois l’édition, l’imprimerie et la vente de livres ont publié la plus grande partie du matériel imprimé de la ville, et elles ont poussé les gens à explorer ce matériel ainsi que d’autres textes imprimés grâce aux longues publicités détaillées de leurs journaux. Le journal et son bureau a donc permis et facilité le contact avec le texte imprimé pour un grand nombre de gens.

Vogan, Nancy (Mount Allison University)
Music in the Lives of Canadians: The Role of Tunebooks in Canada Prior to 1840

Cette communication examinera le rôle des livres de musique dans la vie des premiers Canadiens de langue anglaise, en présentant la preuve de l’existence d’écoles de chant, de manuscrits de musique et de publications variées qui sont apparues dans les Maritimes, et dans le Haut et le Bas Canada, en commençant avec Union Harmony de Stephen Humbert (1801, Saint John, Nouveau Brunswick).

Bien qu’il n’existe plus d’exemplaire de l’édition de 1801 de Union Harmony, nous avons accès aux éditions de 1816, 1831 et 1840, ainsi qu’à des sources journalistiques sur la première édition. Humbert, un loyaliste du New Jersey, a joué un rôle important dans bien des aspects de la vie au Nouveau Brunswick, y compris la musique. Son Union Harmony influença deux publications subséquentes dans les Maritimes, New Brunswick Church Harmony, qui parut à Saint John en 1835, et The Harmonicon, imprimé et publié par James Dawson à Pictou en 1838. Ces publications furont utilisées à différents endroits dans les Maritimes durant plusieurs décennies du XVIIIe siècle.

Les œuvres qui sont apparues dans le Haut et le Bas Canada comprennent A Selection from the Psalms of David par George Jenkins (Montréal 1821), Colonial Harmonist par Mark Brunham (Port Hope 1832), A Selection of Psalms and Hymns par William Warren (Toronto 1835) et Sacred Harmony par Alexander Davidson (Toronto 1838).

La communication donnera une vue d’ensemble des recherches qui ont été faites dans ce domaine et fera part des nouvelles informations qui ont été découvertes ces dix dernières années.