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Colloque préparatoire au Volume II
(1840-1918)

Résumés


Greta Golick (Toronto Public Library)
Canadian Wild Flowers: A Book for the Parlour, Made in Canada

Canadian Wild Flowers est un livre élégant qui fut publié à Montréal par John Lovell en 1868. Il donne une idée de ce dont était capable le commerce du livre au Canada durant la période grisante après la Confédération. La première édition, tirée à cinq cents exemplaires, était vendue cinq dollars par abonnement. Les deuxième et troisième éditions furent imprimées par Lovell en 1869. On tira une troisième édition, intitulée North American Wildflowers, pour le marché américain. William Briggs fit paraître la quatrième édition en 1895.

Considéré par certains comme le premier « livre-cadeau » canadien, Canadian Wild Flowers est le fruit de l’effort combiné d’Agnes Fitzgibbon Chamberlain, fille de Susanna Moodie, et de sa tante, Catharine Parr Traill. C’est grâce à leur plume et à leur pinceau que ces deux extraordinaires Canadiennes subvinrent aux besoins de leurs familles. Traill, auteure reconnue, essaya durant plusieurs années de faire paraître un manuscrit sur « la vie des plantes », mais, à cause du manque d’illustrations, elle n’obtint aucun succès. Plus tard, sa nièce, Agnes Chamberlin, produisit et colora à la main les lithographies des premières éditions qu’elle vendit ensuite sous forme d’abonnement. Traill et Chamberlin collaborèrent à un deuxième ouvrage contenant neuf pages plein format d’illustrations en couleur, Studies of Plant Life in Canada – Or, Gleanings from Forest, Lake and Plain. Les lettres écrites par Susanna Moodie et Catharine Parr Traill, le testament d’Agnes Chamberlin, les livres d’abonnement, les aquarelles, les biographies et les exemplaires de Canadian Wild Flowers racontent l’histoire de ce très beau livre.

Elizabeth Driver (Independent scholar)
Cookbooks and Community-Building: How The Home Cook Book Launched a New Type of Culinary Publication in Canada

La publication de The Home Cook Book, « un recueil de recettes fournies par les dames de Toronto et d’autres villes : publié au profit de The Hospital for Sick Children », marqua la création d’un nouveau genre de livre de cuisine au Canada, qu’on appelait aussi livre de cuisine pour la collecte de fonds, pour la charité ou pour la communauté. L’histoire de la publication de The Home Cook Book est en elle-même fascinante et commence avec le piratage de textes d’un livre de cuisine pour collecte de fonds à Chicago. Le succès étonnant de la publication de The Home Cook Book inspira plusieurs autres groupes de femmes à en calquer la forme. Dès 1918, les livres de cuisine pour collecte de fonds représentaient un phénomène bien établi dans tout le Canada, au point où les livres de cuisine promotionnels des compagnies de produits alimentaires commencèrent eux-aussi à imiter leur forme. Produits en coopération et localement au profit de la communauté, les livres de cuisine pour la collecte de fonds sont une puissante forme d’expression culturelle. Aucun autre genre (que ce soit les livres de cuisine à but promotionnel, les manuels scolaires ou les recueils de recettes d’un seul auteur) n’en révèle davantage sur la cuisine et la société canadiennes.

Gail Edwards (University of British Columbia)
“The printing-press is now a precious auxiliary to our work”: Missionary Presses and Publications in Nineteenth-Century British Columbia

Les organisations protestantes missionnaires du XIXe siècle utilisèrent l’imprimé pour alphabétiser les convertis et pour stimuler et conserver l’intérêt d’un lectorat métropolitain envers le travail missionnaire. Si la plupart de ces publications provenaient des sociétés missionnaires de l’est du Canada et d’Angleterre, plusieurs missions utilisaient de modestes presses à main pour imprimer de petits manuels, des collections d’hymnes ainsi que des journaux et magazines destinés aux collectivités de convertis et à leurs coreligionnaires en Angleterre et en Ontario.

Cette communication établit la présence des imprimeries missionnaires au XIXe siècle en Colombie-Britannique. Elle explore la création d’une culture de l’imprimé locale, soulève d’importantes questions sur l’alphabétisation textuelle parmi les collectivités formées d’autochtones convertis, et situe la culture de l’imprimé locale dans le cadre plus large de la politique en matière de traduction parmi les diverses branches d’églises protestantes qui luttèrent pour le pouvoir dans le secteur des missions en Colombie-Britannique.

Paul Hjartarson (University of Alberta)
“Now then, all together”: Assimilation, the Book, and the Education of New Canadians (1896-1918)

Au Canada, comme dans la plupart des colonies d’envahisseurs-immigrants, les représentations culturelles de l’immigrant sont essentielles à l’imaginaire national. Historiquement, le Canada s’est défini comme « une nation d’immigrants » : les immigrants ont été perçus comme la source de l’identité de la nation, de sa prospérité et de sa croissance. En même temps, les immigrants ont été l’objet des préoccupations et de la colère de la nation. À cause de l’arrivée rapide des immigrants dans l’Ouest canadien vers la fin du dix-neuvième siècle, les préoccupations et la peur des Canadiens envers les immigrants s’accrûrent d’autant. On se souciait de l’assimilation. Comment la colonie devait-elle intégrer « le flot » d’immigrants aux Canadiens – c’est-à-dire les institutions et la civilisation britanniques –, comment devait-elle transformer les étrangers en bons et loyaux sujets britanniques? La communication a trois objectifs : analyser le débat sur « l’éducation des nouveaux Canadiens » durant cette période; examiner la réponse de la colonie à ce sujet; et enfin, considérer « le livre comme une force dans cette histoire [en particulier] » (Robert Darnton; citation traduite).

Jay White (Independent scholar)
“Gems of the printer’s art”: Nova Scotia Tourist Literature, 1885-1930

Vers 1885, le chemin de fer de la Nouvelle-Écosse et les compagnies de navigation commencèrent à publiciser la « Terre d’Évangéline » dans le nord-est des États-Unis. Dès 1907, la compagnie ferroviaire Dominion Atlantic Railway attira 30 000 touristes par année dans la province, américains pour la plupart d’entre eux. Trois facteurs clés ont contribué à cette tendance : une classe moyenne aisée, des moyens de transport améliorés et un désir de capturer de nouveau un passé en voie de disparition. Dans le cas de la Nouvelle-Écosse, le poète Henry Wadsworth Longfellow a façonné un mythe-panacée qui attirait énormément les voyageurs de l’époque victorienne et les mordus de l’histoire. Les brochures et les guides touristiques chantaient les louanges de la vieille Acadie. La littérature touristique la plus efficace était composée pour moitié de publicité, pour moitié d’une carte routière romancée. Cette communication souligne les aspects importants des brochures sélectionnées et présente celles-ci comme étant des ouvrages précurseurs d’une histoire populaire. Une bibliographie annotée, également en cours, tente de décrire les écrivains, les artistes, les photographes et les éditeurs qui ont aidé à créer ces « joyaux de l’art de l’imprimeur » (citation traduite).

Éric Leroux (HLIC/HBiC; Université McGill)
Les conditions de travail des typographes au Québec au XIXe siècle : quelques pistes de recherche

Parmi les ouvriers du livre, les typographes sont certes à ranger dans une classe à part. Artisans imprimeurs au début du XIXe siècle, ils voient leur métier et leurs conditions de travail se transformer progressivement durant cette période, l’artisan entrepreneur devenant alors ouvrier de métier spécialisé. Or, malgré leur importance sur la scène ouvrière québécoise, les typographes demeurent un groupe de travailleurs qui a été peu abordé par les historiens. Notre communication visera à dépeindre les conditions de travail de cette classe de travailleurs considérée comme l’aristocratie ouvrière du XIXe siècle. Outre la question des conditions matérielles de travail ces ouvriers (salaires, horaire, transformations technologiques, apprentissage, etc.), nous aborderons aussi la thématique de la culture ouvrière, ce qui permettra de faire le pont entre l’histoire ouvrière et l’histoire de la culture de l’imprimé.

Joan Schwartz (National Archives of Canada)
Photographs in Books in Nineteenth-Century Canada

Avant l’apparition des techniques permettant d’imprimer facilement, sur une même page, photographies et caractères, les photographies originales étaient collées dans les livres, à la main, sur des pages préimprimées. Ces photographies circulaient et étaient appréciées dans des contextes surtout littéraires, comme faisant partie intégrale de l’acte de lecture et procurant des images visuelles non seulement pour ancrer mais aussi pour accentuer les descriptions, conceptualiser les connaissances et se faire une image des lieux, des gens, des événements et des objets. Cette communication passera en revue ces livres illustrés de photographies et fabriqués en Amérique du Nord britannique vers le milieu du XIXe siècle, discutera de leur rôle dans la construction des notions naissantes du paysage canadien et de l’identité du pays et tentera d’établir leur importance dans l’évolution d’une société de plus en plus visuelle et basée sur l’imprimé.

Jonathan Franklin (National Gallery of Canada Library)
Nineteenth-Century Canadian Art Exhibition and Auction Catalogues

La croissance des institutions artistiques et du marché de l’art au Canada au XIXe siècle a entraîné un flot croissant de catalogues d’exposition et de catalogues de ventes aux enchères. On peut observer ce phénomène sur un arrière-fond de publication sur l’art et sur les domaines apparentés au Canada, notamment le journalisme, les ouvrages d’éducation ainsi que les livres cadeaux et autres livres de voyage artistiquement illustrés. Au fur et à mesure qu’on avance dans le siècle, le contenu des catalogues passe de la liste liste simple et factuelle à des ouvrages à ambition plus esthétique, forts des avances de la technologie en illustration, de l’engagement d’artistes individuels et de l’influence des courants artistiques sur la scène internationale. On retrouve cet aspect global dans les catalogues témoins d’une plus grande participation du Canada aux diverses expositions internationales, ainsi que dans le développement du marché de l’art de la fin du XIXe siècle.

Anne Dondertman (University of Toronto) et Judy Donnelly (HLIC/HBiC)
“Useful for the Time and the Place”: English-Language Canadian Almanacs (1840-1900)

Aux débuts du Canada, les almanachs suivirent l’essor de l’imprimerie, puisque plusieurs ateliers imprimaient leurs propres séries, qui comprenaient un grand nombre d’informations locales d’importance vitale pour l’immigrant qui n’avait « pour bibliothèque que sa bible et son almanach ». Dès la Confédération, on publiait annuellement environ trente almanachs, mais la nature de leur contenu était de moins en moins régional. La commercialisation devenait un facteur majeur dans les almanachs de langue anglaise au Canada, les publicités y prenant de plus en plus de place et les commerces, surtout l’industrie pharmaceutique, remplissant le rôle d’éditeur. La communication tracera l’évolution de l’almanach de langue anglaise à travers la période couverte par le volume II, en examinant l’étendue de son influence et la nature de son contenu, le public cible et l’histoire de sa parution. La communication comprendra à la fois un survol de l’ensemble des almanachs publiés durant cette période et une analyse plus approfondie de l’une des séries (Nova Scotia Almanac de Belcher, de 1824 à 1900).

Hans-Jürgen Lüsebrink (Universität Saarbrücken, Allemagne)
Les almanachs canadiens-français, 1840-1918 : éditeurs, structures, relations interculturelles

À partir d’un projet initié grâce à une bourse du Gouvernement du Canada en 1997 et de plusieurs publications issues des recherches effectuées, notre contribution portera sur trois aspects : d’une part sur la genèse et l’évolution du genre de l’almanach au Canada français, et de ses relations avec l’almanach au Canada anglais, pendant la période 1840-1918 qui vit l’essor des premiers almanachs de très large diffusion, à travers des séries comme le Guide du Cultivateur de Ludger Duvernay (1830-1837), l’Almanach du Peuple de Beauchemin (à partir de 1855) et l’Almanach des Familles (1878 et suiv.) de J.-B. Rolland; d’autre part, seront ciblés les éditeurs des almanachs de large diffusion, tels Beauchemin et J.-B. Rolland, et la fonction que ceux-ci occupèrent au sein d’une stratégie éditoriale en transition vers des méthodes de publicité et de distribution industrielles; enfin, en troisième lieu, seront analysés les rapports aux modèles européens (l’Almanach de Mathieu Laensberg, par exemple, utilisé directement par Ludger Duvernay) qui ont été repris et transformés. Une large enquête sur les almanachs populaires allemands et français des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, menée depuis 1996 dans le cadre d’un projet de recherche interdisciplinaire franco-allemand dirigé par H.-J. Lüsebrink, en collaboration avec J.-Y. Mollier et Y.-G.- Mix, servira ici de base pour la mise en perspective comparatiste et interculturelle des almanachs franco-canadiens de l’époque.

Marie-José des Rivières, Chantal Savoie et Denis Saint-Jacques (CRÉLIQ, Université Laval)
La naissance du magazine féminin au Québec

Le magazine moderne s’implante au Québec au tournant du siècle dernier. Plusieurs facteurs contribuent à son éclosion, dont le développement de la publicité, qui, palliant le financement partisan de la presse, modifie le rapport entre les médias et le public auquel ils sont destinés. Cette tension entre les intérêts commerciaux et le contenu rédactionnel s’avère particulièrement éloquente dans le créneau des périodiques féminins. Du Coin du feu (1893-1896), considéré comme l’ancêtre des magazines féminins, en passant par Le Foyer (1903-1927), le Journal de Françoise (1902-1909), La Femme (1908-1912) et Pour vous mesdames (1913-1915), les périodiques féminins se développent en courtisant leurs consommatrices, en même temps qu’ils tiennent sur elles un discours aux prises entre modernité et conservatisme. Nous montrerons comment émerge puis se cristallise le modèle du magazine féminin au Canada-français entre les années 1893 et 1918, et ce, tant au point de vue de leur contenu que de leur place dans le marché de l’époque.

Leslie McGrath (Toronto Public Library and University of Toronto)
Young Dreamer Arise: English Children’s Books in Canada, 1840-1918

En 1840, les enfants anglophones au Canada étaient élevés presque entièrement avec un matériel de lecture importé, mais à partir de 1918, bien que la plupart de nos livres d’enfants populaires étaient encore publiés à l’étranger, on vit s’établir une forte tradition littéraire canadienne et un secteur de l’édition pour les enfants. La communication fera un survol de nos connaissances actuelles sur l’histoire des livres d’enfants en anglais au Canada de 1840 à 1918 et suggérera des pistes à explorer dans ce fascinant champ de recherche.

Nancy F. Vogan (Mount Allison University)
Musical Textbooks in Canada prior to 1918

Cette communication portera sur le matériel d’apprentissage de la musique (« livres de solfège ») qui était utilisé par le public et les écoles privées dans différentes régions du Canada entre 1840 et 1918. Durant cette période, on eut recours à une variété de manuels provenant de Grande-Bretagne, de France et des États-Unis, mais plusieurs ouvrages produits au Canada figurèrent aussi sur la liste des manuels officiels. La plupart de ces livres de solfège portaient sur la formation en musique vocale, la forme d’apprentissage musical la plus utilisée dans les écoles. La communication abordera également les chansons patriotiques publiées au Canada durant cette période, qu’on retrouve dans plusieurs de ces textes.

Sophie Montreuil (HLIC/HBiC; Université McGill)
Regards sur la lecture : approche théorique et pratique intime

Une histoire du livre qui se veut complète doit tenir compte de l’existence du livre en tant qu’objet matériel, en tant qu’objet de communication et en tant qu’objet commercial. Aussi complexe apparaît-elle d’emblée, cette histoire doit pourtant également prendre en considération la finalité même du livre : sa lecture. L’objectif de la communication que nous présenterons est double. Dans un premier temps, nous tenterons de cerner les enjeux de cette problématique de la lecture et de montrer comment celle-ci peut et doit trouver sa place au sein d’une histoire du livre, malgré « la rareté des traces directes et la complexité d’interprétation des indices indirects » (Roger Chartier). Dans un second temps, nous proposerons une étude de cas que nous voulons représentative d’une démarche analytique mettant à profit les savoirs théoriques et historiques issus des différents domaines de recherche qui s’intéressent à l’une ou l’autre des trois « identités » du livre. Nous inscrirons alors la problématique dans le Québec du XIXe siècle, plus précisément dans le milieu bourgeois auquel appartient Joséphine Marchand-Dandurand, journaliste et écrivain, dont le Journal intime (1879-1900) fera l’objet de notre analyse.

Sandra Hannaford (Memorial University of Newfoundland) 
“…swept into the higher strata”: The Heart’s Content Literary Society

Quoique bien des sociétés littéraires du XIXe siècle à Terre-Neuve étaient situées dans la capitale, St.John’s, les plus petites communautés réparties sur tout le territoire abritaient également de nombreux groupes, surtout dans les villes de pêcheurs plus riches telles que Conception Bay et Trinity Bay. Les traces de possession et de collection de livres au XIXe siècle se trouvent davantage chez les lecteurs riches que chez les lecteurs moins aisés. L’un des ces groupes distingués était composé d’employés relativement aisés de l’Anglo-American Telegraph Company : la société littéraire Heart’s Content. Cette communication esquissera l’histoire de cette société littéraire depuis ses débuts, expliquera l’intérêt qu’elle soulève et analysera le catalogue des livres qui restent. Ce catalogue est un guide des goûts de lecture de ces expatriés anglais et de leur famille et il donne un aperçu de ce que l’élite de la classe ouvrière de Trinity Bay lisait à la fin du XIXe siècle.

Peter F. McNally (McGill University)
From Social Library to Public Library: The Canadian Experience, 1840-1918

Les années allant de 1840 à 1918 furent décisives dans l’histoire de la bibliothèque au Canada. Avant 1840, les bibliothèques au Canada étaient relativement peu nombreuses et sous-développées. À la suite des Rébellions de 1837, la société canadienne entreprit une tâche monumentale de réalignement politique, économique et constitutionnel. La Confédération entraîna le développement d’une nation transcontinentale et la création d’une nouvelle entité économique. Les conséquences de ces changements furent aussi importantes pour les bibliothèques que pour les autres institutions sociales et culturelles.

Certaines des questions soulevées par les bibliothèques concernent les instituts d’Artisans, l’Institut canadien et l’évêque Bourget; les bibliothèques de paroisse; Egerton Ryerson et les bibliothèques des écoles de l’Ontario; les bibliothèques populaires; l’étalement dans l’Ouest et l’inactivité dans l’Est; le mouvement des bibliothèques publiques et l’édition; 1882, la loi sur les bibliothèques publiques de l’Ontario et son impact; 1899, la première bibliothèque publique du Québec; 1901, l’Association des bibliothèques de l’Ontario; 1901, les bibliothèques publiques Carnegie; 1904, l’introduction de la bibliothéconomie; et 1916, l’Ontario Library Bulletin.

Brian S. Shipley (Dalhousie University)
“I wish these annual reports were at the devil”: Sir William Logan and the Early Publications of the Geological Survey of Canada (1842-1869)

En tant que directeur de la toute nouvelle Commission géologique et d’histoire naturelle du Canada, William Logan était responsable de préparer les rapports de développement annuels, afin de satisfaire les législateurs et de promouvoir l’aspect public de son travail. Publiés dans les Journaux de l’Assemblée législative, ces rapports étaient des articles scientifiques qui comptaient parmi les plus sophistiqués au Canada à cette époque. Au début, Logan hésitait à rédiger des rapports annuels, car ils étaient différents des pratiques habituelles britanniques et américaines d’alors, qui mettaient davantage l’accent sur la solidité des résultats que sur leurs acquis récents. Mais Logan en vint vite à apprécier la valeur que ces ouvrages représentaient pour un public très divers, et il imprima des centaines d’exemplaires supplémentaires à ses frais afin de les distribuer en privé. En créant ainsi un nouveau genre de rapport géologique, un mélange de narration exploratrice, d’analyse scientifique et de promotion économique, Logan aida à définir les caractéristiques distinctives de ce qu’était la géologie au milieu du XIXe siècle au Canada.

Bertrum H. MacDonald (HLIC/HBiC; Dalhousie University)
Science and Technology in the Print Culture of Nineteenth-Century Canada: A Significant Dimension

De tous les facteurs qui contribuèrent à l’évolution de la culture de l’imprimé au XIXe siècle au Canada, l’activité des domaines scientifique et technique fut l’un des plus importants. La création, en 1842, de la Commission géologique et d’histoire naturelle du Canada mit en valeur le domaine de la recherche qui grandissait en même temps que des universités et d’autres établissements scientifiques et techniques se développaient. Les applications de la technologie (le chemin de fer, par exemple) prirent une place importante alors que les frontières du pays s’agrandissaient. De plus, le nombre et la variété des sociétés scientifiques, littéraires et d’histoire naturelle montrent que la science était très populaire durant la période victorienne. Toute cette activité put s’exprimer dans la culture de l’imprimé qui se développait alors. Les périodiques étaient de plus en plus nombreux et des agences telles que la Ferme expérimentale centrale, fondée en 1884, générèrent des milliers de publications lues partout au pays. Dans cette communication, je montrerai comment les entreprises scientifiques et techniques ont aidé la culture de l’imprimé au Canada à prendre forme en décrivant la grande variété ainsi que le nombre des publications scientifiques et techniques produites au Canada ou importées de l’étranger. En soulignant les liens que la science et la technologie ont tissés avec d’autres facteurs (tels que les relations avec les gouvernements et les éditeurs et agences sur le plan international), je démontrerai que la culture de l’imprimé de cette période avait plusieurs niveaux et était complexe.

Jennifer J. Connor (University of the Sciences in Philadelphia)
The Nature of Medical Authorship in Canada

Après la Seconde Guerre mondiale, la notion de paternité des ouvrages médicaux recouvrit toutes sortes d’activités allant de la rédaction anonyme à un grand nombre de collaborateurs provenant de domaines scientifiques variés. Jusqu’à cette période, même si on avait vu des changements s’installer dans l’édition médicale depuis 1918, la rédaction d’ouvrages médicaux restait une entreprise solitaire, voire une idiosyncrasie. Comme cette communication le montrera, la nature de la paternité d’ouvrages médicaux au Canada a reflété cette tradition durant tout le XIXe siècle et au début du XXe siècle. La communication situera brièvement l’activité canadienne dans un contexte historique plus large, en faisant référence aux positions rhétoriques conventionnelles des auteurs dans le domaine médical et à la naissance de l’édition médicale professionnelle, tout en soulignant les caractéristiques de l’édition médicale telle qu’elle se distingue au Canada. Cela permettra ensuite d’explorer plus en profondeur les questions touchant aux textes anonymes et écrits sous pseudonymes, la publication non autorisée d’ouvrages d’auteurs connus dans les journaux médicaux et le rôle de l’édition outre-frontière (Canada, É.-U.) pour les auteurs de livres.

Michael Peterman (Trent University)
Fragments of a Lost Literary Life: James McCarroll and the Toronto (Daily) Leader, 1853-1866

L’une des histoires les plus intéressantes et les moins connues de l’histoire littéraire du Canada anglais est la saga de James McCarroll (1814-1892) qui fut, peut-on dire, le poète et l’écrivain le plus en vue à Toronto durant la décennie menant à la Confédération. Cette communication se penche sur les contributions écrites de McCarroll au Toronto (Daily) Leader. Édité par Charles Lindsey, le Leader rivalisa en tête d’affiche avec le Globe de George Brown quant à leur diffusion dans la ville et la province et quant à l’influence politique. McCarroll, qui s’installa à Toronto en tant qu’employé de l’administration des douanes, publia, sur une période de 13 ans, des poèmes, des critiques musicales, des éditoriaux et des lettres au rédacteur en chef. Il était la voix littéraire canadienne irlandaise par excellence à Toronto, tout comme Thomas D’Arcy McGee l’était à Montréal. La communication se penche de près sur le rôle crucial que les journaux de ville ont joué dans la dissémination de la culture durant ces années et souligne les difficultés auxquelles un chercheur doit faire face pour analyser le travail d’un écrivain comme McCarroll, qu’on a « perdu de vue ».

Gwendolyn Davies (University of New Brunswick)
Canadians First and Foremost in the Late Victorian British Literary Market: Saunders et al

On a déjà établi le fait que la présence des écrivains canadiens aux États-Unis donna naissance, vers la fin des années 1890, à un mouvement littéraire qui a influencé l’orientation de la littérature canadienne. Si les écrivains canadiens se retrouvaient à Boston et à New York, ils cherchaient aussi à s’installer et à publier en Grande-Bretagne. Fatigués d’avoir à se contenter, au Canada, d’un modeste lectorat et de moyens d’édition et de diffusion limités, des écrivains tels que Charles G. D. Roberts, Bliss Carman, Marshall Saunders et Alice Jones apprirent à se libérer des restrictions du droit d’auteur et à faire alliance avec des agents, des éditeurs et des maisons d’édition britanniques réputés afin d’élargir leur lectorat. Ils demeurèrent cependant toujours de fiers Canadiens, voyant dans leurs contrats avec Jarolds, Grant Richards et d’autres, un moyen de faire connaître les voix et les thèmes canadiens qu’ils estimaient représenter. En faisant référence à Charles G. D. Roberts, à Alice Jones et à Marshall Saunders, cette communication examinera la relation entre les auteurs canadiens et l’édition britannique vers la fin de l’époque victorienne et au début de l’époque édouardienne. On soulignera aussi le fait qu’Alice Jones et d’autres, au milieu de tant d’efforts, se sont toujours appelés, d’abord et avant tout, des Canadiens.