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Prairie Print Culture Colloquium/
Colloque sur la culture de l’imprimé des Grandes Plaines de l’Ouest


Peel-ing Back the Veil of Prairie Bibliography
Merrill Distad & Ernie Ingles

Bruce Peel’s Bibliography of the Prairie Provinces to 1953 (1956; 2nd ed. 1973) first appeared two decades before “Canadian Studies” became academically fashionable, or a part of our obsessive concern over our “national identity.” Many titles have come to light since the appearance of the second edition, and the phrase “not in Peel” has become both synonymous with “scarcity” (if not also “rarity”), and a bookseller’s mantra for high pricing.

Bruce Peel (1916-1998) devoted his latter years to preparing for a revised and expanded version of his long-standard work. This task has been carried on since his death, and the co-editors of the Third Edition, forthcoming from the University of Toronto Press, will present an overview and preview of a tool which must uphold a great bibliographic tradition, as well as contribute to the history of the book in Canada.

Bruce Peel a publié la Bibliography of the Prairie Provinces to 1953 (1956; 2e éd. 1973) vingt ans avant que les « études canadiennes » ne deviennent à la mode dans les universités, ou même qu’elles ne fassent partie de notre souci exagéré de définir une « identité nationale ». Bien des ouvrages ont vu le jour depuis la sortie de la deuxième édition et la phrase « pas dans le Peel » est devenue à la fois un signe de « pénurie » (sinon de « rareté »), et l’expression favorite du libraire pour justifier ses prix.

Bruce Peel (1916-1998) a consacré les dernières années de sa vie à préparer une version révisée et augmentée de son travail publié depuis longtemps. Cette tâche a été réalisée après sa mort et les co-éditeurs de la Troisième Èdition, qui doit sortir prochainement chez University of Toronto Press, feront un survol et donneront un aperçu d’un outil qui doit imposer le respect d’une grande tradition bibliographique ainsi que contribuer à l’histoire du livre au Canada.

Libraries “For Home And Country” Or: “Help! I Have to Give a Presentation!”
Jean Cogswell

Rural and farm women in Alberta were the first to organize Women’s Institutes outside Ontario (1909). The first Women’s Institute in the world was founded in Stoney Creek, Ontario, February 19, 1897, at the suggestion of Mrs. Adelaide Hoodless, a social reformer for domestic science education for women. Its function was to serve as a “rural university” for women, many of whom had little education and led isolated lives with few resources for development of their abilities.

The lack of libraries in isolated rural areas of the Prairies made it difficult for women to consult reference materials for their presentations. Local branches of the W.I. in Alberta and Manitoba and Homemakers’ Clubs in Saskatchewan established libraries in rural areas. Prairie Women’s Institutes supported library work in many ways and in Alberta and Manitoba their work directly led to the establishment of Public Libraries Acts in these provinces.

Les femmes habitant dans les campagnes et les fermes de l’Alberta furent les premières à organiser des Instituts féminins à l’extérieur de l’Ontario en 1909. Le premier Institut féminin du monde fut fondé à Stoney Creek en Ontario, le 19 février 1897, sous l’initiative de Madame Adelaide Hoodless, une réformatrice sociale en faveur des cours d’art ménager pour femmes. Il devait servir d’« université rurale » pour des femmes en grande partie peu éduquées qui vivaient isolées, loin des ressources nécessaires à l’épanouissement de leurs talents.

À cause du manque de bibliothèques dans les régions rurales isolées des grandes Plaines de l’Ouest, il était très difficile pour ces femmes d’avoir accès au matériel de référence nécessaire à la rédaction de leurs exposés. Les succursales locales des Instituts féminins en Alberta et au Manitoba, ainsi que les Cercles des fermières en Saskatchewan établirent des bibliothèques dans les régions rurales. Les instituts féminins des Prairies ont encouragé le travail en bibliothèque de bien des façons, alors qu’en Alberta et au Manitoba, leur travail a directement amené à l’établissement des Lois sur les bibliothèques publiques.

The Role of the Book in the Assimilation of Immigrants to Western Canada 1896-1918: Defining the Terms of Reference
Paul Hjartarson

This paper examines the debate over the assimilation of “new Canadians” to western Canada between 1896 and 1918. At the turn of the century the dominion appeared confident of its ability to assimilate non-English and non-French speaking immigrants. “Canada is Anglo-Saxon and will remain Anglo-Saxon,” a Manitoba Free Press editorial declares in 1898: “Foreigners may come in the thousands, and they, too, if not in the first, then in the second generation, will also be Anglo-Saxon.” By the end of the Great War, however, authorities perceived the existence of non-English speaking immigrants - many labelled “enemy aliens - and “Bolsheviks”- as a crisis of national importance. In this is paper I consider the issues at stake in the debate over the “Canadianization” of immigrants, the role of the book in the process of assimilation, and the terms of reference for a study of this topic.

Cet article examine le débat sur l’assimilation des « nouveaux Canadiens » dans l’Ouest canadien entre 1896 et 1918. Au tournant du siècle, le Dominion du Canada semblait être sûre de son aptitude à assimiler les immigrants qui ne parlaient ni anglais, ni français. « Le Canada est anglosaxon et restera anglosaxon », peut-on lire dans un éditorial du Manitoba Free Press : « Les étrangers peuvent venir par milliers, eux aussi seront Anglosaxons, si ce n’est leur génération, ce sera la suivante. » Mais de ce moment à la fin de la Première Guerre mondiale, les autorités perçurent dans le fait que bien des immigrants ne parlaient pas l’anglais -- beaucoup d’entre eux étaient appelés « sujets d’un pays ennemi » et « Bolchéviques » - une crise à échelle nationale. Dans cet article, je me penche sur les problèmes en cause dans le débat sur la « canadianisation » des immigrants, le rôle du livre dans le procédé d’assimilation et les termes de référence nécessaires à l’étude de ce sujet.

Technical Books on the Prairies to 1950
Diana Patterson

The 19th-century brought many immigrants to the prairies facing farming for the first time. Fortunately, the 19th-century saw the beginnings of the self-help book. This paper will look at what remains of the vast number of pamphlets by governments to encourage good farming methods, by the railway to encourage immigration, by the sewing machine companies to explain the new technology, by the promoters of grain elevators to explain how to build them. There are fine resources in the prairies for the study of such materials, including catalogues aimed at a Canadian market, suggesting the existence of operating pamphlets that helped people use the new tools. This ephemeral material made up a great deal of the reading done on the prairies.

Le XIXe siècle a vu l’arrivée de bien des immigrants, fermiers néophytes, dans les grandes Plaines de l’Ouest. Heureusement, le XIXe siècle a aussi vu l’apparition des premiers livres d’auto-assistance. Cet article examinera ce qui reste du très grand nombre de pamphlets qui étaient distribués par les gouvernements pour encourager les bonnes méthodes de culture agricole; par la compagnie de chemin de fer pour encourager l’immigration; par les manufactures de machines à coudre pour expliquer la nouvelle technologie; par les promoteurs de silos à céréales pour expliquer comment les construire. Il existe d’excellentes sources dans les Prairies pour étudier ce matériel, y compris des catalogues destinés au marché canadien qui suggèrent l’existence de pamphlets pratiques destinés à expliquer l’utilisation des nouveaux outils. Ce matériel éphémère représentait une grande partie de ce que l’on lisait dans les Prairies.

Re-thinking the Prairie Page in Print Culture
Len Findlay

The history of the book is an example of strategic singularity. It holds out the promise of a history that will seek out diversity of all sorts and bring it into a multi-authored but cohesive narrative. I want to support that endeavour by seeming to resist it, my resistance taking the form of a focus on materials that seem more visual than print and whose production occurs on both sides of the Canada/US border. In pushing the definition of what constitutes a noteworthy book - in this case account books used mainly by the military and Indian agents - and what constitutes the Canadian prairie, I hope to show both the latent meaning of apparently unremarkable examples of bookmaking, and also the power and limitations of territorial borders. This illustrated talk will discuss ledger drawings made by Aboriginal men in the later nineteenth century. These pages bear printed lines and grids to facilitate recording by hand of financial transactions and the movement of goods. I will examine their meaning, and their implications for the celebrated argument about print culture advanced by Benedict Anderson in Imagined Communities.

L’histoire du livre est un exemple de singularité stratégique. Elle promet d’être une histoire qui recherchera la diversité et qui prendra la forme d’une narration cohérente mais provenant de plusieurs auteurs. Je désire appuyer ce projet tout en semblant y résister, ma résistance émanant d’un point de vue axé sur des ressources matérielles qui semblent plus visuelles qu’imprimées et qui proviennent des deux côtés de la frontière canado-américaine. En forçant la définition de ce qui constitue un livre mémorable - dans ce cas des livres de compte utilisés principalement par des organismes militaires et autochtones - et de ce qui constitue la Prairie canadienne, j’espère montrer à la fois le sens latent d’exemples à première vue anodins de production de “livres”, et aussi le pouvoir et les limites des frontières territoriales. Cet exposé illustré discutera des dessins de source autochtone que l’on trouve dans les grands registres vers la fin du XIXe siècle. Les pages de ceux-ci sont munies de lignes et de quadrillages dont le but est de faciliter l’insertion à la main des transactions financières et des activités liées au transport des marchandises. J’analyserai le sens de ces pages et ce qu’elles signifient pour l’argument bien connu concernant la culture de l’imprimé que Benedict Anderson avance dans Imagined Communities.

Saskatchewan Community Histories
Barbara Powell

The Saskatchewan Legislative Library holds over 1,000 volumes of local history, most of which are community histories written by committees of community members. Many such histories were written in celebration of a Saskatchewan becoming a province, for the Golden Jubilee in 1955 and the Diamond Jubilee in 1981. The books, often written by groups of women, were organized according to outlines provided by printing companies, and their production was promoted by the provincial government. They celebrated the pioneer past and consolidated community identity through communal authorial effort. This paper will consider how making a book became a ritual that shaped and reflected community values. I will consider the origin of these histories in the work of the Homemakers’ Clubs and Women’s Institutes, the classed and gendered assumptions of their communal authors, and their celebration of local and family identity.

La Bibliothèque de l’Assemblée législative de la Saskatchewan contient plus de 1000 volumes consacrés à l’histoire locale, la plupart d’entre eux comportant des histoires de collectivités écrites par les membres de la communauté. Nombre de ces histoires furent rédigées pour célébrer la création de la province de la Saskatchewan, ses Noces d’or en 1955 et son Jubilé de diamant en 1981. Le contenu des livres, souvent écrits par des groupes de femmes, était organisé selon des grandes lignes fournies par une maison d’édition, et c’est le gouvernement provincial qui encourageait leur production. Les histoires célébraient le temps des pionniers et consolidaient l’identité de la collectivité par un effort d’écriture commun. Cet article examinera comment écrire un livre est devenu un rituel qui donna forme aux valeurs de la collectivité et les refléta. J’examinerai également l’origine de ces histoires dans le travail des Cercles des fermières et des Instituts féminins, les postulats de classe et de genre de leurs auteurs collectifs et la célébration d’une identité locale et familiale.

Decolonizing the Text: Literacy and Resistance in Contemporary First Nations Literature
Warren Cariou

For First Nations people, writing is necessarily connected to historical and continuing scenes of colonial interference (legal, educational, religious, economic). Given this situation, it is not surprising that First Nations writers often display marked ambivalence toward the written word in their writings. This paper examines the various manifestations of such ambivalence in selected contemporary works, including those of Louise Halfe, Marilyn Dumont, Jeannette Armstrong, and Thomas King. I argue that these writers use written language in particular ways to dismantle textocentric views of indigenous people and cultures, and to offer critiques of the conventions of written language. They do this by “oralizing” the written word in various ways: by breaking syntactic and grammatical rules, and by utilizing narrative strategies that derive from oral traditions, such as repetition and code-switching. Often this is done with a sense of play and irony, but I believe the intent is also serious: to search for a written idiom which is not automatically implicated in colonialism, one which can be used to open a space of resistance.

Pour le peuple des Premières nations, l’acte d’écriture est forcément lié à une longue histoire d’interférences coloniales (juridique, pédagogique, religieuse, économique) qui se perpétuent. Il n’est donc pas surprenant que, dans leurs textes, les écrivains des Premières nations affichent souvent une attitude ambivalente marquée envers l’écriture. Cet article examine les différentes manifestations d’une telle ambivalence dans une sélection d’ouvres contemporaines, dont celles de Louise Halfe, Marilyn Dumont, Jeannette Armstrong et Thomas King. Je défends le fait que ces écrivains utilisent l’écriture de façons spécifiques afin de démonter une vision textocentrique des peuples et des cultures autochtones, et de critiquer les conventions du langage écrit. L’un des moyens utilisés est l’emploi d’une variété de procédés d’« oralisation » : en enfreignant les règles syntactiques et grammaticales, et en utilisant des stratégies narratives dérivées des traditions orales telles que la répétition et la substitution des codes. Si un sens du jeu et de l’ironie entoure souvent ces procédés, je crois que l’intention est aussi sérieuse: la recherche d’une écriture caractéristique qui n’est pas forcément impliquée dans le colonialisme, mais qui pourrait être utilisée pour ouvrir un espace de résistance.